VAISSEAU DE 74 CANONS
1780
Propriétaire de l’œuvre : Charles DMYTRUS, 69 rue Saint-Ferréol, 13006 MARSEILLE-France, Tél : +33 (0)6 12 30 47 01, e-mail : charles.dmytrus@wanadoo.fr .
Prix : 10.000 €
Maquette exceptionnelle construite à l’échelle 1/72 ème, d’après les plans de Jean BOUDRIOT et le modèle de Jacques FICHANT. Véritable œuvre d’art commencée en Juin 2004 et terminée en décembre 2006, suivant l’art du modélisme d’arsenal, principale méthode de construction d’un vaisseau tel qu’à l’identique et destinée à l’époque à proposer au commanditaire la version réduite de sa commande. Cette maquette est unique et tout a été construit à la main et sur mesure, toutes les sculptures sont en bois et les éléments en métal ont été usinés pour l’occasion. Ce chef d'œuvre prestigieux a demandé près de 3000 heures de travail, il est inestimable et comblera les collectionneurs et amateurs d’art les plus exigeants.
Longueur : 120 cm
Largeur : 42 cm
Hauteur : 95 cm
Matériaux utilisés :
- Bordés en poirier et bois d'ébène.
- Affûts des canons et accastillage en poirier.
- Pont en hêtre.
- Sculptures, décoration et balustres en bois de palissandre jaune.
- Mâture en hêtre et ébène.
- Socle en hêtre.
- Coton pour voiles et cordages.
- Cuivre, laiton et acier pour le façonnage.
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Ce type de bâtiment de guerre est certainement celui qui représente le mieux l’aboutissement des études des architectes et constructeurs navals de la fin du XVIIIème siècle qui sont alors au sommet de leur art pour créer cette véritable cathédrale flottante.
Le Vaisseau de 74 canons est la principale machine de guerre de cette époque, il est le résultat d’un compromis entre la force de l’artillerie et les qualités manœuvrières avec sa batterie basse de 28 canons tirant des boulets de 36 livres. Le 74 canons est le vaisseau de ligne par excellence, infiniment plus utilisable au combat que le lourd 3 ponts de 100 canons parce que plus évolutif. La coque seule représente la moitié du déplacement de 3000 tonneaux. 2800 chênes centenaires, 60 tonnes de chevilles de fer et de bois sont nécessaires à sa construction. La cale avec son faux pont contient des vivre pour 6 mois et de l’eau pour 12 semaines. Le premier pont, lui doit supporter le poids considérable des gros canons de 36 livres qui pèsent chacun 4 tonnes. Le deuxième pont, couvert à l’avant et à l’arrière par des gaillards porte une artillerie plus légère. Cette coque qui s’élève déjà de 7 mètres au-dessus de l’eau porte un prodigieux étagement de toile. Les 3 mâts en 3 éléments gréent chacun 3 étages de voiles carrées et la pomme du grand mât culmine à 60 mètres. Ce Vaisseau, bien conçu par son ingénieur et correctement utilisé par son équipage se comportera magnifiquement à la mer par tous les temps, et par bonne brise dépassera les 10 nœuds à l’allure du grand largue.
Jean BOUDRIOT, premier spécialiste de l’architecture navale des 17 et 18° siècles, est l’auteur d’un traité pratique d’art naval sur le Vaisseau de 74 canons de 1780 en 4 volumes, et principal ouvrage de référence pour la reproduction de ce vaisseau en maquette ( www.ancre.fr/vaisso02.htm ). L’échelle la plus répandue pour cette reproduction est au 1/72ème et le modèle de référence est celui de Jacques FICHANT ( http://perso.orange.fr/gerard.delacroix/74/74-2.htm ). Le Vaisseau de 74 canons est construit sur le même modèle mais des versions différentes existent, quant à son gréement et son aménagement.
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C’est le règlement du 4 août 1762 qui a donné pour tous les navires de la marine royale la taille des sabords et surtout l’espacement qu’il convient de respecter entre chacun d’eux ; c’est à partir de celui-ci que l’on peut alors déduire les principales caractéristiques du vaisseau : longueur, largeur, creux (hauteur de la cale dans la plus grande largeur), hauteur de batterie, besoins en armement, importance du lest. Il est désormais possible de définir le maître-couple pour pouvoir en tirer les œuvres vives du navire grâce à la forme des 62 autres couples, de l’étrave et de l’arcasse délimitée par les deux estains. C’est ainsi que ce vaisseau aura finalement un déplacement de 3000 tonneaux quand il sera armé en guerre pour une campagne durant de 6 à 7 mois. En calculant ensuite les centres de gravité de la carène et du vaisseau entièrement armé, on peut obtenir le métacentre pour savoir quelle sera la stabilité du bâtiment ; d’autre part, lorsque l’on étudie sa voilure, on définit son point dit de perfection, ou point vélique, par lequel doit passer la direction de l’effet du vent sur l’ensemble des voiles pour assurer au navire les qualités requises en vue d’obtenir un bon comportement à la mer : équilibre, maniabilité, vitesse, bien marcher au plus près, faible dérive et efficacité de l’artillerie qui doit toujours être bien en appui ; l’ensemble de ces qualités a toujours pour but de rechercher une efficacité la plus grande possible en cas de conflit.
Par rapport aux énormes vaisseaux trois-ponts de 110, 94 ou 90 canons, ou aux deux-ponts de 80 canons, il représente le meilleur mariage possible entre la puissance et les possibilités de navigation, alors que les vaisseaux de 64 ou de 50 canons pèchent trop par leur faiblesse.
En 1780, l’état de la marine royale française est le suivant : 5vaisseaux de 110 canons, 1 de 90, 7 de 80, 1 de 70, 23 de 64, 1 de 60, 1 de 56, 3 de 50, sans parler des nombreuses frégates, corvettes, cotres, lougres et autres bâtiments modestes, alors que le nombre des vaisseaux de 74 canons est de 36.
Cette flotte impressionnante, capable de rivaliser avec celle de l’Angleterre, est construite le plus souvent dans les trois plus grands ports arsenaux sur les six régions maritimes que compte le royaume : Brest, Rochefort et Toulon. Les mises en chantier sont beaucoup plus rares à Dunkerque, Le Havre ou Bordeaux, voire même à St Malo, Lorient, Nantes ou Toulon. Pour ne prendre comme exemple que l’arsenal de Rochefort, on y a mis en chantier 40 bâtiments de guerre entre 1742 et 1800, dont 29 vaisseaux de 74 canons !
La construction totale de ce type de navire représentait presque 100 000 journées de travail de 11 heures en moyenne et s’étalait généralement sur une période allant de une à deux années. Selon J. Boudriot, le coût de ce vaisseau comprenant la construction, l’armement, une campagne et le désarmement s’élève à près de un million de livres de l’époque, ce qui représente à peu près la subsistance annuelle de 4 000 familles.
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La construction de navires marchands se développe alors considérablement, et par voie de conséquence, les rivalités entre les principales puissances ne cessent de croître. L’intensification des échanges maritimes et des conflits demande une maîtrise de la mer qui ne peut être obtenue qu’avec des bâtiments spécialement équipés pour le combat naval. C’est ainsi que les vaisseaux, nom qui est propre aux navires de guerre, vont devenir de plus en plus imposants pour composer les grandes flottes du XVIIIème siècle. La suprématie des mers a pour but de détruire les navires de guerre de l’ennemi, mais aussi de s’approprier les richesses transportées par ses bâtiments de commerce, et peut, en ce qui concerne l’Angleterre, permettre éventuellement l’installation d’un blocus risquant d’être redoutable pour l’économie du pays.
Si au XVIIème siècle, les affrontements se déroulent principalement aux abords de l’Europe (mer méditerranée, façade atlantique et mer baltique), ils se généralisent au XVIIIème à toutes les mers du globe. Comme pour la période allant de 1640 à 1680, la France devra en découdre de façon plus ou moins permanente entre 1688 et 1721 avec l’Angleterre, l’Espagne et la Hollande. La seconde moitié du XVIIIème ne sera pas moins trouble, d’autant plus qu’apparaissent les luttes qui aboutiront à l’Indépendance américaine. Il faudra attendre l’écrasement de la flotte française à Trafalgar le 21 octobre 1805 et le début de la fin du premier empire le 18 juin 1815 à Waterloo pour voir s’instaurer une période plus calme : la puissance maritime française est alors considérablement réduite et devra entreprendre un gigantesque effort de reconstruction.
La taille de ce genre de bâtiment est impressionnante : la longueur comprise entre l’étrave et l’étambot varie entre 54,90 m et 56,50 m, la largeur hors bordage peut atteindre 14,30 m au maître-couple et le creux, qui correspond à la hauteur de cale au niveau de la plus grande largeur, est de près de 7 m ! Ceci explique que l’on estime qu’il faut environ 2 800 chênes centenaires pour construire la charpente d’un seul vaisseau, sachant que d’autres essences sont nécessaires : résineux pour la mâture, orme pour les affûts de canons, corps de pompes et entretoises, hêtre pour des barils, gayac pour les rouets des poulies, mais encore noyer, châtaigner ou peuplier.
Le principal métal utilisé est le fer, surtout pour le chevillage et le cloutage : les chevilles les plus longues peuvent atteindre 3,90 m de long pour un diamètre maximum de 5 cm, alors que les clous les plus grands ont une longueur de 0,4 m. Cette grande quantité de fer représente une masse d’environ 60 tonnes, auxquelles on peut ajouter environ 150 tonnes de lest et 240 tonnes pour le poids des canons et de leurs boulets, et aux alentours de 12 tonnes pour les ancres et près de 25 tonnes de cercles pour la futaille, sans parler des cerclages des mâts et des équerres qui consolident les courbes de baux, etc…
D’autres matériaux sont encore présents : plus de 100 tonnes de pierres pour le lest et près de 100 tonnes de cordages, sans parler des 34 voiles, souvent présentes en double en cas de besoin de remplacement !
C’est une véritable ville flottante de 775 hommes qui va partir en campagne pour une durée de 6 à 7 mois : l’état-major est constitué de 17 personnes, l’équipage de 585, la garnison de 118, plus les surnuméraires : chirurgien, apothicaire, valets, boucher, boulanger, etc…
Il faut donc bien nourrir tout ce monde : on charge ainsi le vaisseau de près de 500 tonnes d’eau et plus de 100 tonnes de vin, 50 de biscuits, 15 de fèves et de riz, 15 de salaisons diverses, 25 de farine, ainsi que du sucre, des fruits séchés, du beurre, de l’huile et du sucre, etc… Les cuisines demanderont 50 tonnes de bois comme combustible et consommeront d’autre part 150 moutons et plus de 500 poules qui nécessitent 10 tonnes de foin et 3 tonnes de grain.
On peut également noter que les seuls chantiers navals de Brest ont fait travailler jusqu’à 10 000 personnes en même temps, d’où une conséquence directe sur l’emploi des régions concernées par la construction de ces vaisseaux. Lorsque le bâtiment prend enfin la mer, il pèse le poids respectable d’environ 3 000 tonnes.
Il va sans dire que les effets produits par la construction navale sur l’ensemble de l’économie du royaume est considérable : pour la sidérurgie de l’époque, sachant qu’il faut environ 1,5 tonne de fonte pour obtenir 1 tonne de fer et qu’une affinerie donne entre 130 et 170 tonnes de fer par année, on en déduit facilement la priorité que l’on fournit à cette industrie.
En ce qui concerne la production sylvicole, il faut rajouter à celle du bois de charpente issu de bois de futaie le bois de taillis âgé d’au moins 20 ans qui est indispensable à l’alimentation des hauts-fourneaux sous forme de charbon de bois pour fondre l’artillerie. On remarquera au passage que le transport du bois et des métaux vers les chantiers de construction a considérablement favorisé le développement des moyens de communication puisqu’en fonction des saisons, il se faisait soit par la route, soit par voie fluviale.
Enfin, on peut souligner les énormes besoins en chanvre pour la confection des voiles et des cordages : nombreuses sont les régions françaises dans lesquelles le chanvre et tillé ou broyé après avoir été roui.
Une dernière remarque : c’est une administration bien organisée et rigoureuse qui s’est ainsi mise en place, et c’est grâce à la gestion sérieuse de ses archives précises et détaillées que nous pouvons aujourd’hui encore plonger dans cette extraordinaire page d’histoire de la marine royale.
C’est donc l’ensemble des activités de la France qui est concerné par la construction navale et pousse à innover en permanence à tous les niveaux de l’économie pour perfectionner sans cesse cette redoutable machine de guerre dont le déclin ne se manifestera qu’avec l’apparition de l’utilisation de la vapeur comme force motrice.
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Vers 1800 l'Angleterre règne sur les océans. Le nombre de vaisseaux était la mesure d'une flotte, les autres types de navires comme les frégates, les bricks ou les goélettes ne sont pas comptabilisées. Les Anglais avaient 120 vaisseaux. la France 80, l'Espagne 50 et les Pays-Bas 30 à 40. Selon leur "classe" les vaisseaux avaient de 50 à 120 canons. Relativement rapide et manœuvrable, doté d'une bonne puissance de feu, le vaisseau de 74 canons s'est révélé le meilleur compromis et fut construit en grande quantité.
- 100 000 heures de travail. 2 800 chênes pour la coque. 250 résineux pour les mâts, l'accastillage et l'aménagement intérieur. 2 500 m2 de voilure. 40 km de cordages.
- Longueur 60 m, largeur 17 m, tirant d'eau environ 8m.
- Vitesse maximale environ.10 noeuds ( 18km/h)
- Temps pour virer de bord 10 à 15 mn.
La portée des canons est en théorie de 3700 mètres. En pratique, on tire à 1600 mètres au plus. Après chaque tir il faut déplacer les plusieurs tonnes du canon pour le recharger. A 400m, un boulet de 36 est capable de traverser une muraille de chêne de plus d'un mètre d'épaisseur. Autant dire qu'aucune coque de navire ne lui résiste.
Un vaisseau de 74 canons est un véritable village de près de 800 personnes embarqué sur quelques centaines de mètres carrés. Les décès par accident ou maladie sont fréquents et statistiquement plus nombreux que les morts au combat.
- Etat major, officiers :17
- Equipage : 585 (dont 65 mousses)
- Garnison, fusiliers : 118
- Surnuméraires (valets, aides...) : 33
- Total du personnel embarqué :775
Pour nourrir tous ces hommes le vaisseau emporte :
200 000 litres d'eau potable, 400 barriques de vin, 50 tonnes de biscuit, 25 tonnes de farine, 12 tonnes de fèves, 15 tonnes de viande salée, 2 tonnes de riz, 1 tonne de morue séchée, 1 tonne de fromage, des animaux vivants, bœufs, moutons, poules...
Quelques Vaisseaux Français armés en guerre :
- L'ENTREPRENANT, vaisseau de 74 canons et 700 hommes d'équipage commandé par M. du Bois de la Mothe, chef d'escadre et M. de Sauzay capitaine en second. Il avait à son bord M. de Vaudreuil gouverneur du Canada, M.Dieskau maréchal de camp, commandant les troupes de terre et M. Daureuil commissaire ordonnateur des troupes de terre. lancé en 1787, avait pour commandant le farouche Jacobin Lefrancq, ancien officier bleu, promu capitaine de vaisseau par Jeanbon en brumaire.
- Le PALMIER, vaisseau de 74 canons et 750 hommes d'équipage, commandé par M. le chevalier de Bauffremont capitaine de vaisseau et M. Guillouet d'Orvillier capitaine de vaisseau, second.
- Le HEROS, vaisseau de 74 canons et 750 hommes d'équipage, commandé par M. Bullion de Montlouet chef d'escadre et M. de Kermabon capitaine de vaisseau, second. Construit à Brest en 1750 et lancé en 1752. Echoué devant le Croisic et sabordé à l'issue de la bataille des Cardinaux le 21.11.1759.
- Le PELETIER, vaisseau de 74 canons, venait de Rochefort; lancé en 1783 il s'était appelé "Le Séduisant", avant de porter le nom du conventionnel assassiné, Le Peletier de Saint-Fargeau. Son capitaine était Berrade, ancien capitaine au commerce.
- Le TYRANNICIDE, vaisseau de 74 canons, lancé en 1793. Son capitaine était Dordelin (ou plutôt d'Ordelin), ci-devant noble, embarqué à 17 ans, garde-marine sous Suffren qui l'avait fait nommer enseigne en 1783, puis lieutenant de vaisseau et promu capitaine de vaisseau par Jeanbon. Il deviendra contre-amiral et préfet maritime de Brest !
- L’ACHILLE, vaisseau de 74 canons, avait été lancé en 1778 et refondu en 1785. Il était commandé par de La Villegris, ci-devant noble, sous-lieutenant en 1786, commandant la frégate "La Précieuse" en 1793 et promu capitaine de vaisseau par Jeanbon.
- Le VENGEUR DU PEUPLE, vaisseau de 74 canons, L: 54 m, l : 14 m, 661 marins, venait de Rochefort. Lancé en 1766 sous le nom de "Marseillais", refondu en 1789. Son capitaine était Renaudin, ancien officier bleu, nommé depuis peu capitaine de vaisseau.
- Le NORTHUMBERLAND, vaisseau de 74 canons, avait été lancé en 1780. Il était commandé par Etienne, ancien officier bleu, sous-lieutenant, puis en 1791 lieutenant, capitaine en 1793.
- L’AMERICA, vaisseau de 74 canons, avait été lancé en 1788. Il était commandé par Lhéritier, ancien officier auxiliaire, puis lieutenant de frégate et lieutenant de vaisseau (cassé en 1784 par suite de l'incendie de son bâtiment), réintégré à la Révolution, promu capitaine de vaisseau par Jeanbon.
- Le GASPARIN, vaisseau de 74 canons, lancé en 1788 sous le nom de "L'Apollon". Il était commandé par Tardy, capitaine au long cours, intégré seulement dans la marine au début de 1794 comme lieutenant, et promu capitaine de vaisseau en germinal par Jeanbon.
- L’INDOMPTABLE, vaisseau de 74 canons, lancé en 1791. Il avait pour capitaine Lhamel (ou Lamesle), qui commandait une frégate dans l'escadre Morard de Galles Jeanbon avait promu dans sa "fournée "de brumaire
L'Impétueux", vaisseau de 74 canons, datait de 1788 (?). Il avait pour commandant Douville qui, par ailleurs, n'a pas laissé de traces.
- Le MUCIAS, vaisseau de 74 canons, de 1784, appelé précédemment "L'Orion". Il avait pour commandant Larréguy, ancien officier au commerce, promu capitaine de vaisseau par Jeanbon.
- L’EOLE, vaisseau de 74 canons, lancé en 1788. Il avait pour commandant Bertrand Kéranguen, ancien officier bleu, comme plusieurs de ses collègues, sous-lieutenant en 1786 et lieutenant en 1791, et promu capitaine de vaisseau en 1793. Il avait appartenu à l'escadre Morard de Galles.
- Le TOURVILLE, vaisseau de 74 canons, datait de 1788. Il avait pour commandant Langlois, ancien maître d'équipage, présenté par la société populaire de Lorient et promu, à ce seul titre, capitaine de vaisseau en 1793.
- Le NEPTUNE, vaisseau de 74 canons, lancé en 1778, avait pour commandant Tiphaigne (ou Thiphaine), ancien officier bleu, sous-lieutenant en 1786, lieutenant en 1791, capitaine de vaisseau en 1793, ayant appartenu à l'escadre Morard de Galles
- Le 31 MAI (Le Trente et Un Mai), vaisseau de 74 canons, datait de 1791, il avait porté le nom de "Pyrrhus". Son commandant était Ganthaume (né en 1755 à La Ciotat), officier au commerce, puis officier auxiliaire pendant la guerre américaine, revenu au commerce, avant d'être réintégré dans la marine en 1793 comme lieutenant, puis aussitôt capitaine de vaisseau. C'est lui qui, échappant au désastre d'Aboukir, aura la bonne fortune de ramener Bonaparte d'Égypte. Vice-amiral en 1808, il sera fait comte par la Restauration à laquelle il s'était rallié.
- La CONVENTION, vaisseau de 74 canons, avait été lancé en 1780 sous le nom de "Sceptre" et refondu en 1787. Son commandant était Alary, ancien officier bleu récemment promu capitaine de vaisseau par Jeanbon.
- Le MONTAGNARD, vaisseau de 74 canons, ancien "Jupiter", avait été lancé en 1789. Il était commandé par Bompard, ancien officier bleu qui, lieutenant de vaisseau en 1791, avait capturé une frégate anglaise et été promu capitaine de vaisseau pour ce fait d'armes.
- Le DUQUESNE, vaisseau de 74 canons (1787-1803), mis à l'eau à Toulon en 1788. Il dirigea en 1793 un important convoi vers le Levant puis échappa à la surveillance hostile d'une escadre anglo-espagnole. Il était en 1795 aux combats du cap Nolis et des îles d'Hyères, puis il participa à la capture d'un convoi anglais en Atlantique et agit sur les côtes de Terre-Neuve et du Labrador. Après une refonte (1797-1799), il fut affecté à l'escadre de l'Amiral Bruix. On le retrouve, armé en flűte, en 1801 et 1802 à Saint-Domingue. C'est en quittant Port-au-Prince avec un trop faible équipage qu'il est capturé le 25 juillet 1803 par une division anglaise.
- Le SUFFREN, vaisseau de 74 canons (1791-1794), construit sur les plans de l'ingénieur Sané, le Suffren est lancé le 31 mai 1791 à Brest puis armé deux ans plus tard. Son équipage prit part à la mutinerie des vaisseaux rattachés à l'escadre du vice-amiral Morard de Galles. Rebaptisé Le Redoutable en 1794. Placé sous le commandement du capitaine de vaisseau Lucas à la bataille de Trafalgar, c'est depuis sa hune d'artimon que partit le coup qui abattit l'amiral Nelson.
- Le JEAN BART, vaisseau de 74 canons (1788-1809), premier du nom par la volonté du roi Louis XVI, il est mis sur cale à Lorient en 1788. Jusqu'en 1799 il appartient à l'escadre de l'Océan et participe à la lutte contre l'Angleterre de 1793 à 1795. Ensuite, il est affecté en Méditerranée à l'escadre du vice-amiral Bruix. Il participe en 1801 à l'expédition d'Égypte où il s'illustre. Le 18 juin 1802, il désarme à Brest, mais reprend du service de 1803 à 1809.
- L’ANNIBAL, vaisseau de 74 canons pris aux anglais en 1801 à Algesiras, détruit en 1823 .
- L’AJAX, vaisseau de 74 canons, lancé en 1806, désarmé en 1816 .
- Le H.M.S. IMPLACABLE , anciennement Duguay-Trouin était un vaisseau de 74 canons qui à bien failli survivre jusqu'à nos jours...Le Duguay-Trouin fût construit à Rochefort entre 1796 et 1800 d'après les plans de l'ingénieur Rolland. Le 21 Octobre 1805 le vaisseau participe à la célèbre bataille de Trafalgar.
Le 3 novembre, le navire est attaqué par une escadre anglaise au Cap Ortegal. Le commandant est tué, le Duguay-Trouin est démâté et finalement capturé par Sir Richard Strachan après un rude combat naval.
Intégré à la Royal Navy et rebaptisé HMS Implacable il combattra en mer Baltique en 1808-1809 et sur la cote Syrienne en 1840. 1844 décommissionné à Devonport. Juin 1855 navire d’entraînement. En Janvier 1912 il sera loué à Geoffrey Wheatley Cobb comme navire d'entraînement . En 1932 Le navire fut remorqué à Portsmouth où il servit de nouveau à la formation des jeunes recrues. En 1947 on jugea son entretien trop coûteux. L'Angleterre (qui posséde et restaure déjà le HMS Victory) proposa de céder le navire à la France qui déclina l'offre. Malgré de vives protestations l'Implacable fût remorqué à l'est de l'île de Wright au large du bateau feu des Owers. Après 149 ans de bons et loyaux services il sera coulé en grande pompe à l'aplomb de la fosse de Sainte Catherine le 2 décembre 1949. Seuls vestiges parvenus jusqu'à nos jours : Le cabestan, qui est exposé à Rochefort, le couronnement ainsi que la figure de proue que l'on peut aujourd'hui admirer au musée maritime de Greenwich dans la banlieue de Londres.
Initiales « H.M.S. » : His Majesty’s Ship.
Quelques Vaisseaux Français armés en flûtes pour le transport des troupes:
- Le DEFENSEUR, vaisseau de 74 canons, réduit à 24 pièces, commandé par M de Beaussier de l'Isle capitaine de vaisseau, avec à son bord 9 compagnies du régiment d'Artois qui embarquent le 9 avril.
- Le DAUPHIN ROYAL, vaisseau de 74 canons, réduit à 24, commandé par M du Tertre de Montalais capitaine de vaisseau avec à son bord 9 compagnies du régiment de Bourgogne. Pour l'anecdote, M. de Suffren, le futur amiral, héros de la campagne des Indes de 1781-82, est lieutenant de vaisseau dans l'état-major du Dauphin Royal. (États de service du Bailli de Suffren. Archives de la Marine). Construit à Brest de 1735 à 1738. Il participe aux combats des Cardinaux en 1759, d'Ouessant en 1778 et aux trois combats de Guichen en 1780. Il n'est radié qu'en 1783 avec 45 ans de service, ce qui est une durée de vie exceptionnelle.
- L'ALGONQUIN, vaisseau de 74 canons, réduit à 24 pièces, commandé par M. de Villéon capitaine de vaisseau, avec à son bord 9 compagnies du régiment de La Reine qui embarquent le 14 avril.
- L'ESPERANCE, vaisseau de 74 canons, réduit à 24 pièces, commandé par M Jubert de Bouville capitaine de vaisseau, avec à son bord une compagnie de grenadiers et 3 compagnies du régiment d'Artois et 3 de Bourgogne.
Marine et Guerre d'Amérique :
La vie à bord des vaisseaux de 74 canons.
Conférence de Jean Boudriot, éminent spécialiste en architecture navale de la marine française (XVIIè/XIXè)
(Notes de Jacques de La Villéon et de Sylvie de Kermadec)
Cette conférence a été très vivante, grâce à la vaste compétence du conférencier, à sa documentation et à la vivacité de son exposé émaillé d'anecdotes (et acceptant au vol de nombreuses questions !).
A la veille de la guerre d'Amérique, la France avait reconstitué une flotte de 80 vaisseaux de ligne (soit environ 80000 hommes et 10000 canons). Le nombre de vaisseaux était la mesure d'une flotte, les autres types de navires ne comptant pas : les frégates étaient plus souvent utilisées pour chasser les corsaires, protéger les convois, pour des liaisons, etc. … Les Anglais avaient 120 vaisseaux. L'Espagne (50) et les Pays-Bas (30 à 40), nos alliés, avaient construit leurs vaisseaux sur le modèle français. Le vaisseau de 74 canons était l'outil de cette " standardisation stratégique ".
L'équipage de ce vaisseau comptait environ 750 hommes. L'état-major comptait 17 personnes, dont l'aumônier, important du fait des difficiles conditions de vie à bord, et le chirurgien, expert en amputations. L'équipage comprenait en outre 65 mousses, 300 matelots, une centaine de contremaîtres, une garnison de 118 soldats. Le vaisseau embarquait 3 mois d'eau, 6 mois de vin, un troupeau vivant (moutons, bœufs ou porcs, ni vache ni truie). La ration journalière, reconstituée en détail, représentait 3000 à 3500 calories par jour (on estime aujourd'hui qu'un sujet qui ne pratique pas un travail musculaire intense a besoin de 2500 calories par jour), mais avec un menu qui ne nous ferait guère envie !
La portée théorique des canons était d'environ 3 700 mètres. En pratique, on tirait à 1 600 mètres au plus, et la visée à l'œil le rendait bien incertain à cette distance.
Par exemple, le " tir de chasse à 6 encablures ", à 1200 mètres, imposait de pointer la pièces 75 mètres au dessus du but, c'est à dire dans les nuages ! Un combat se menait souvent à seulement 600 mètres. La fumée et le désordre du combat rendaient difficile d'apprécier la distance : on pointait souvent sur les éclairs de départ des canons adverses. Le tir à démâter était utilisé en retraite ; le tir en plein bois, à hauteur des batteries, était meurtrier pour l'équipage à cause des éclats de bois.
Un boulet de 36 pénétrait de 1,30 mètre dans un massif de chêne à 100 mètres, de 90 cm à 600 mètres. L'épaisseur de la coque était de 75 cm au niveau de la première batterie, donc traversable, mais lorsque les boulets étaient tirés à l'oblique, ils rebondissaient souvent sur la coque. La manœuvre complexe d'un canon par son équipe d'une dizaine de marins ne permettait de tirer qu'un coup par 4 à 5 minutes.
La guerre d'Amérique est une victoire franco-américaine, maritime autant que terrestre, sur les Anglais. Mais plusieurs indications du conférencier ont souligné la qualité de la marine anglaise et nuancé notre fierté :
1/ les " caronades " : il s'agit de bouches à feu très courtes, chargées à mitraille, utilisées pour balayer le pont de l'adversaire à courte distance (150 mètres). Imaginées par la Compagnie des Indes anglaise pour se défendre contre les pirogues, elles équipèrent ensuite les frégates anglaises. Dans un combat isolé contre une telle frégate, un vaisseau français se rendit, tous les marins du pont ayant été tués. La réplique française, l'obusier de vaisseau, ne fut pas au point avant 1806. Ces caronades ont joué un rôle dans la bataille des Saintes.
2/ la protection des carènes en cuivre Les tarets, vers pouvant atteindre 25 cm, présents dans les mers chaudes (le Vasa en a été préservé) pénètrent dans le bois des coques dans le sens des fibres pour se protéger des poissons. Ils y provoquent des dégâts considérables. Afin de la protéger des tarets, la carène, doublée de chêne, était traditionnellement revêtue d'un enduit dissuasif ( ?) fait de chaux et de poil de vache, puis d'un doublage en bois résineux, peu durable. On imagina ensuite une protection par des clous à large tête : ils arrêtaient les vers mais la végétation y proliférait. La solution vint d'Angleterre, c'est le doublage de la coque immergée par des feuilles de cuivre. Cette technique fut adoptée peu avant la guerre d'Amérique (le cuivre, importé de Hambourg, venait probablement des laminoirs anglais !). Il fallut aussi remédier aux problèmes d'électrolyse, liés au cuivre et au fer des clous et chevilles de la coque, très rapidement corrodés : le fer fut remplacé par du bronze dans les œuvres vives (immergées) à partir de 1786.
3/ l'alimentation des marins. Les anglais donnaient des citrons à manger à leurs marins. Ces vitamines les protégeaient du scorbut. Les français, croyant que cet effet bénéfique était dû à l'acidité du citron, donnaient du vinaigre à leurs équipages… qui étaient certainement en moins bonne santé que leurs " collègues " anglais après trois mois de navigation.
A la fin de la conférence, le magnifique ouvrage de M. Boudriot pouvait être feuilleté (" Le vaisseau de 74 canons ", collection archéologie navale française). Notre conférencier fut chaleureusement remercié (… ainsi que l'opérateur qui avait réussi à dépanner deux appareils de projection dans sa soirée !).
La guerre sur mer pendant la révolution et l'empire.
http://echo.levillage.org/280/5515.cbb
L’Echo du Village n°280 du Jeudi 29 janvier 2003
Série d’articles sur la marine de guerre à voile et les guerres de la Révolution et de l’Empire.
Evolution des vaisseaux en général, et de la flotte française en particulier.
A l’exception de l’Angleterre, les différentes puissances maritimes ne possédaient pas de flotte de guerre jusqu’au milieu du XVII° siècle. Mis à part certaines unités prestigieuses (comme le « Great Henry » anglais du XVI° siècle), le gros des flottes était composé de navires marchands réquisitionnés et armés pendant la durée du conflit. Pendant le premier quart du XVII° siècle, la taille optimale des vaisseaux était d’environ 600 tonnes, mais les choses évoluèrent rapidement. Tout d’abord, les différents souverains européens, plus ou moins rivaux entre eux pendant le conflit le plus meurtrier du début du siècle, la guerre de trente ans, se mirent à construire des navires de prestige de grande taille. Le Wasa, suédois, le Kronan, danois, et le Sovereign of the Seas, anglais, étaient exceptionnels pour leur époque. Le Sovereign of the Seas fut le premier trois ponts de l’histoire à être équipé de plus de 100 canons. Ce vaisseau était le plus gros et le plus puissant navire de guerre du monde. Lors de son lancement, vers 1637, les amiraux anglais étaient assez dubitatifs sur son utilité, en raison de son poids et de son manque de manoeuvrabilité. Cependant, tous ses détracteurs se trouvèrent mis en défaut à l’occasion des guerres anglo-hollandaises. En effet, la tactique de la ligne de bataille lui permit d’utiliser à plein rendement sa puissante et nombreuse artillerie, ce qui procura un avantage non négligeable aux Britanniques.
A partir des années 1660, la France se lança à son tour, sous l’impulsion de Louis XIV et de Colbert, à la conquête des océans.
1) Développement de la marine de guerre française et évolution de l’architecture des navires.
a) A l’époque du Roi Soleil.
Les navires de guerre à voile étaient construits en fonction de l’artillerie qu’ils devaient porter. Jusqu’à la fin des guerres napoléoniennes, la France disposait d’une gamme de calibres caractérisés par le poids en livres, environ 500 grammes, de leur projectile, un boulet massif en fer : 36, 24, 18,12, 8, 6, 4 livres. Entre le milieu du XVII° et la fin du XVIII° siècle, les caractéristiques de l’artillerie n’évoluèrent pas.
Un canon de 36 livres envoyait un boulet de 36 livres ou de 18 kilogrammes. Le poids du canon était de 3 746 kg, auxquels il fallait rajouter les 628 kg de l’affût. La portée maximale était de 3 700 mètres. Cependant, la portée utile ne dépassait pas 1 600 mètres, car les canons étaient extrêmement difficiles à pointer. Le tir de chasse à 6 encablures, 1 200 mètres, imposait de pointer la pièce à 75 mètres au dessus du but, ce qui impliquait de viser les nuages. La plupart des combats se menaient à une portée de moins de 600 mètres. A cette distance, un boulet de 36 était capable de traverser une cloison en chêne massif de 90 cm. A 100 mètres, le même canon perçait 1,30 mètre de chêne. L'épaisseur de la coque était de 75 cm au niveau de la première batterie, donc traversable, mais lorsque les boulets étaient tirés à l'oblique, ils rebondissaient souvent sur la coque. La manœuvre complexe d'un canon par son équipe d'une dizaine de marins ne permettait de tirer qu'un coup toutes les 4 à 5 minutes. Lorsqu’un boulet traversait la coque, cela provoquait un grand nombre d’éclats de bois, qui étaient à l’origine des blessures les plus graves. Afin de masquer la vue du sang, les ponts des navires étaient peints en rouge. Ils étaient également sablés, pour ne pas que les marins glissent sur les flaques de sang. Le chirurgien opérait sans anesthésie : on se contentait de donner une bonne rasade de rhum aux blessés avant de les bâillonner. Beaucoup ne survivaient pas à leur opération.
Dés le début, la France adopta une classification de ses vaisseaux par rangs en fonction de leur taille et de leur puissance de feu. La marine de Louis XIV comportait 5 rangs, et seuls les navires appartenant aux trois premiers étaient destinés à combattre en ligne.
A l’époque de Louis XIV,
Un vaisseau de 1° rang déplaçait entre 2 400 et 1 400 tonnes pour un nombre de canons compris de 120 à 68.
Un vaisseau de 2° rang ----------- 1 300 tonnes et 1 100 tonnes -------- 68 à 64 canons.
Un vaisseau de 3° rang ----------- 1 050 tonnes et 800 tonnes ---------- 60 à 48 canons.
Un vaisseau de 4° rang ------------ 800 tonnes et 550 tonnes ----------- 44 à 36 canons.
Un vaisseau de 5° rang ------------ 550 tonnes et 300 tonnes ----------- 34 à 28 canons.
Le vaisseau type de la marine de Louis XIV était le vaisseau de 3° rang. Il portait une cinquantaine de canons et mesurait environ 45,5 mètres de long pour une largeur de 12,3 mètres.
A ces navires, il faut bien entendu rajouter les frégates, les bricks et les cotres chargés du renseignement et de la chasse aux contrebandiers.
La flotte française était à l’époque très diversifiée, il était rare de trouver plusieurs navires construits sur les mêmes plans. Pendant les batailles, chaque adversaire alignait une centaine de vaisseaux.
Le coût très élevé de la construction des navires ainsi que leur entretien, poussa les dirigeants français et européens à rechercher l’harmonisation des vaisseaux. La marine française étant régulièrement confrontée à la Royale Navy plus nombreuse, on tenta systématiquement de suppléer la quantité par la qualité. De plus, l’architecture navale fit d’énormes progrès au XVIII° siècle, en grande partie grâce aux travaux du mathématicien Euler. La taille des vaisseaux, ainsi que leur puissance de feu augmenta dans des proportions considérables.
b) A la fin du règne du roi Louis XVI.
A la fin du XVIII°, il ne restait plus que les deux premiers rangs, et on ne construisait en série que trois types de navires. Les trois ponts de 110 - 118 canons (premier rang) et les vaisseaux à deux ponts de 80 et 74 canons (second rang). En 1790, la France possédait deux bâtiments de 118 canons, 5 de 110 canons, 8 de 80 canons et 54 de 74 canons.
Le vaisseau de 74 canons était armé de 28 canons de 36 livres à la batterie basse, de 30 canons de 18 livres à la seconde batterie, et de 16 canons de 8 livres sur le pont supérieur. Il mesurait environ 55,9 mètres de long pour une largeur de 14,9 mètres, hors bordage. Le tirant d’eau moyen était d’environ 6,6 mètres. L’équipage comptait 750 hommes. L’état-major était de 17 personnes, dont l'aumônier, important du fait des difficiles conditions de vie à bord, et le chirurgien, expert en amputations. L'équipage comprenait en outre 65 mousses, 300 matelots, une centaine de contremaîtres, une garnison de 118 soldats. Le vaisseau embarquait 3 mois d'eau, 6 mois de vin, un troupeau vivant (moutons, bœufs ou porcs). En 1789, son coût à l’achat était d’environ 1 225 192 francs, environ 10 millions de francs de 1988.
Le vaisseau de 80 canons était un deux ponts de belle taille. Il emmenait 30 canons de 36 livres à la batterie basse, 32 canons de 24 livres à la seconde batterie et 18 canons de 12 livres était disposés sur les gaillards. Il mesurait environ 62,7 mètres de long et embarquait 950 hommes d’équipage. En 1789, son coût à l’achat était de 1 443 257 francs.
Attardons nous sur le géant des mers, le vaisseau à trois ponts de 110 canons :
Il mesure 60,10 mètres entre l’étrave et l’étambot, la longueur de la quille est de 54,90 mètres, le creux est de 8,12 mètres, la hauteur sous barrots : 1,78 mètres dans le faux pont, 1,84 mètres dans les 1°, 2° et 3° batteries et 1,95 mètres dans la dunette. Les meilleurs tirants d’eau à la voile sont : à l’avant de 7,88 mètres et de 8,40 mètres à l’arrière. Le navire embarque 300 tonnes de lest composé de gueuses en fer. Son équipage est de 1 150 hommes, dont 20 officiers.
Les mâts culminent à plus de 60 mètres de haut. La grand’ vergue mesure à elle seule 32,80 mètres. La grand’ voile a une superficie de 476 m² et le grand hunier de 547 m².
Les vivres pour six mois sont de : 742 barriques de vin soit 185 000 litres, 86 514 kg de biscuits, 41 276 kg de farines, 21 350 kg de lard, 1 760 kg de bœuf salé, 2 646 kg de pieds et de tête de bœufs, 2 058 kg de morue, 3 087 kg de fromage, 2 793 kg de légumes, 2 058 kg de riz, 7 056 kg de poix, 7 056 kg de fayols, 7 056 kg de fèves, 1 617 kg d’huile, 4 557 kg de vinaigre, 4 410 kg de sel, 249 kg de chandelles, 49 kg de moutarde.
L’artillerie du premier pont comprend 30 canons de 36 livres pesant 3 750 kg chacun, l’artillerie du second pont comprend 32 canons de 24 livres pesant 2 760 kg chacun, celle du troisième pont comprend 30 canons de 12 livres pesant 1 576 kg chacun. Les gaillards sont équipés de 16 pièces de 8 livres pesant chacune 1 155 kg. Le poids total des canons, pièces et affûts est de 316 716 kg. Le poids des boulets est de 97 000 kg. Celui de la poudre est de 39 189 kg, à raison de 80 coups par pièce.
Le navire est équipe de 5 ancres d’un poids unitaire d’environ 3 500 kg, et de deux petites ancres de 1 200 kg chacune. Le poids total de ces ancres est de 20,460 tonnes plus 61,380 kg de câbles et d’haussières.
En 1789, son coût à l’achat était de 1 921 402 Francs.
A ces grands navires de guerre, il faut rajouter les frégates. Les frégates étaient des navires de guerre composés d’une batterie couverte, contre deux ou trois, pour les vaisseaux de ligne.
Leur taille avait considérablement augmenté au milieu du XVIII° siècle. Il en était de même pour la nature des missions qui leur étaient confiées. Elles avaient pour rôle d’éclairer la flotte, d’escorter les convois de navires marchands amis et d’attaquer les convois ennemis. Elles avaient également pour mission de transmettre les ordres de l’amiral aux autres navires pendant les grandes batailles d’escadres. Pour communiquer entre eux, les navires utilisaient un code secret composé de différents pavillons. Le chevalier du Pavillon était l’inventeur de ce système.
A la fin du XVIII° siècle, les frégates étaient classées en fonction du poids de leur artillerie principale. On distinguait les frégates de 18 qui étaient équipées de canons de 18 livres dans leur batterie basses des frégates de 12 équipées de canons de 12 livres.
Les frégates de 18 livres avaient une longueur de 47,3 mètres, pour une largeur de 12,7 mètres et un tirant d’eau de 5,3 mètres. Elles embarquaient 300 hommes d’équipages.
Les frégates de 12 étaient plus petites - on est actuellement en train d’en reconstruire une à Rochefort, l’Hermione - Elles mesuraient environ 44 mètres de long pour 11 de large et embarquaient 200 marins et soldats.
http://www.hermione.com/
La marine alignait également un autre type de navires, les corvettes, frégates en miniature d’environ 300 tonnes. Elles étaient composées d’un équipage de 160 hommes et armées d’une vingtaine de canons de 8 livres.
En plus de tout ceci, la marine française armait des bricks et des cotres pour surveiller les côtes, et éventuellement pour faire la guerre de course contre le commerce adverse.
Signé : Condottiere


